jeudi 23 mars 2017

PERILLE, CARMIEN OU BLAKE : QUI EST LE PÈRE DU TIRE-BOUCHON À HÉLICE ?




Amis hélixophiles, bonjour !


L'article du jour est un hommage à notre ami Jean-Pierre, "le roi de l'hélice" en attendant de pouvoir admirer son exposition de tire-bouchons à hélice au Congrès du CFTB.
Ce serait bien si quelqu'un parmi vous pouvait compléter les informations qui suivent !


Mon projet consiste à ouvrir "une recherche en paternité" pour essayer de découvrir 
qui est le vrai père du tire-bouchon à hélice.

Mais la tâche est ardue !



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Est-ce Jacques Pérille, comme il l'a affirmé, y compris devant la justice ?




Le tire-bouchon à hélice de Jacques Pérille.



Nous savons depuis le procès en contrefaçon perdu par lui contre Eugène Trébutien (ou Trébucien), que :
Jacques Pérille avait obtenu un brevet pour son tire-bouchon à hélice le 16 juin 1876 (demande du 14 avril 1876, enregistrée le lendemain 15 avril),
- et qu'il avait déposé deux marques de fabrique au Tribunal de commerce de la Seine le 26 février 1877, marques se composant, la première des lettres J. P. réunies, la deuxième de la dénomination tire-bouchons à hélice.

La Cour d'appel de Rouen avait débouté Pérille le 03 mars 1882 (pourvoi en cassation rejeté le 26 janvier 1884), concluant que les "perfectionnements préexistaient ailleurs et que le résultat industriel prétendu n'avait pas été justifié."

En résumé : pour la justice, les tire-bouchons à hélice existaient avant 1876, année du dépôt de cette marque par Jacques Pérille. 

Et notre "Ménagère" Pérille, brevetée le 16 juin 1876, est donc certainement inspirée de modèles préexistants, étrangers ou français.



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Serait-ce plutôt Pierre Carmien ?



Pierre Carmien, né à Luze en 1834 et décédé à Nantes en 1907, est un horloger inventeur prolixe auquel plusieurs sources attribuent cette invention du tire-bouchon à hélice :
- cette version figure sur le site de la ville de Luze (Haute-Saône),
- la même version se retrouve dans un article paru dans Presse Océan le 01.11.2012,
- c'est encore le cas dans un article Wikipedia, malheureusement non documenté.


On lit ainsi sur le site de Luze :
"Pierre CARMIEN n’arrêtait pas de créer et de déposer des brevets. Nous lui devons : 
- le compas à tracer des ellipses, 
- le compteur à eau, dont le principe est toujours utilisé aujourd’hui, 
- le roulement à billes pour bicyclette à roue libre, 
- l’embrayage automatique avec une seule poignée pour machine à transmission,
- le parapluie-canne, une tondeuse électrique pour animaux, un mixer pour la mayonnaise, le bouton de manchettes à bascule, un étau s’inclinant en tous sens, le tire-bouchon à hélice ..."

Pierre Carmien a certainement fabriqué un tire-bouchon à hélice pour être ainsi désigné comme "le père du tire-bouchon à hélice".
Cependant si on trouve trace de ses nombreux dépôts de brevets sur le site de l'INPI, à partir de 1858, il n'y a aucune demande de brevet pour un tire-bouchon Carmien.


Le rédacteur de l'article paru dans Presse Océan m'a renvoyé sur son informatrice, une historienne locale de Luze, Madame Buhler.

J'ai essayé de la contacter, malheureusement, très âgée, elle n'était plus en situation de me renseigner. 
Sa fille, Madame Adam, a bien voulu me donner lecture de textes que Madame Buhler avait préparé pour une exposition consacrée à Pierre Carmien.
Des brevets y sont cités :
- Brevet 62286 du 09 mars 1864 consacré à un "moteur par application des forces de la vague", c'est-à-dire l'énergie marémotrice,
- Brevet 113732 du 13 juillet 1876 pour "une bille utilisée pour le roulement de machines ou roulette pour meubles",
- Brevet 273103 du 14 décembre 1897 pour une "bicyclette à roue libre"...
... mais seul le premier est recensé sur le site de l'INPI.


D'autres inventions sont listées, mais sans plus de précision : une montre à remontoir, un sablier régulateur d'horloges électriques, un aérostat vertical (préfiguration de l'hélicoptère) , un compas elliptique, une machine à coudre, une petite montgolfière pour l'envoi de correspondance pendant le siège de Belfort,





Affiche publictaire pour le gaz portatif Carmien.


... et surtout le gaz d'éclairage Carmien, moyen d'éclairage des villes qui fera sa fortune.


J'ai cherché à recouper ces informations :
- le site bnf.fr nous apprend que Pierre Carmien a inventé un "piano à écrire" dans lequel on retrouve de nombreuses caractéristiques de la machine à écrire moderne (brevet déposé en 1859, mais que je n'ai pas trouvé sur le site INPI),
- le site racinescomtoises.net indique en plus que Pierre Carmien inventa une machine à coudre à navette, fonctionnant aux pieds avec une pédale, brevetée le 12 mai 1868 et vendue à la famille Peugeot. 
- le dmg-lib.org de DMG-Lib, centre européen d'information sur la recherche, nous livre dans sa bibliothèque numérique de mécanismes et engrenages, une notice biographique sur Pierre Carmien :





Pierre Carmien et ses inventions.
(capture d'image DMG-Lib)



Je cite :
"Pierre Carmien déposa 61 brevets pour ses inventions. 
On peut citer : le compas à ellipses, le compteur à eau, l’embrayage automatique, le parapluie-canne, la tondeuse électrique pour animaux, le mixeur pour la mayonnaise, le tire-bouchon à hélice, un étau s’inclinant en tous sens… 
Il aurait dû faire fortune avec toutes ses inventions, mais Pierre Carmien fut souvent victime d’industriels peu scrupuleux. 
La plupart de ses inventions furent vendues et exploitées. A cette époque, il n’existait pas d’organisation pour protéger les inventeurs et faire respecter leurs brevets."

Peut-être y-a-t-il confusion entre tire-bouchon et bouche-bouteille ? 
Hajo Türler m'a fait savoir qu'à défaut de brevet pour un tire-bouchon, Pierre Carmien a en effet obtenu un brevet pour un bouche-bouteille dit le "bouchoir", à crémaillère et hélice, le 06 juillet 1903...




Le bouchoir : 1ère addition au brevet 
Carmien-Morisseau n° 333.524 du 06 juillet 1903.


Le problème reste entier : il n'y a pas trace d'un brevet Carmien pour un tire-bouchon à hélice et on ne peut donc même pas dire à quoi pouvait ressembler son éventuelle invention.

L'ADN n'a pas parlé : il reste impossible de reconnaître Carmien comme père du tire-bouchon à hélice !



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Finalement, le père du tire-bouchon à hélice ne serait-il pas plutôt l'Américain Philos Blake ?


Selon Watney et Babbidge, dont j'ai présenté le livre dans ma fiche bibliographique n° 04 :
BIBLIOGRAPHIE 04 : WATNEY et BABBIDGE CORKSCREWS FOR COLLECTORS
le tire-bouchon à hélice de Pérille s’inspirait du brevet américain accordé à Philos Blake le 27 mars 1860 sous le n° 27.665.



 Le brevet de Philos Blake.
(Corkscrews for collectors, Watney et Babbidge, page 85).


L'invention de Blake consistait en "un écrou à ailettes vissé au fût de la poignée maîtresse" :
- écrou solidaire de la cage comme ce sera le cas pour les tire-bouchons à hélice de Pérille, puis pour ceux d'une partie de ses concurrents, 
- ou écrou poignée libre sur son axe, à l'origine d'une famille de tire-bouchons développée en Angleterre, les flynut ou tire-bouchons papillons.
Mais ce tire-bouchon a-t-il été fabriqué ? On connait le brevet, mais il semble qu'aucun tire-bouchon correspondant n'ait été retrouvé.

La fabrique de quincaillerie des frères Philos et Eli Whitney Blake, très réputée pour avoir produit les premières serrures à mortaise du monde, était très observée par la concurrence, y compris européenne. 
Et Gérard Bidault nous l'a rappelé, Jacques Pérille avait mis à profit l'année 1868 "pour étudier, espionner, acheter ou recréer tout ce qui se [faisait] à la concurrence, aussi bien en France qu'à l'étranger."

Philos Blake a précédé Jacques Pérille : ce dernier a donc pu copier l'idée et l'adapter à sa production.



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Pas de conclusion aujourd'hui donc si ce n'est que Pérille ne pouvait revendiquer le bénéfice de l'antériorité : le brevet de Blake avait  été déposé 17 ans plus tôt.
Blake est probablement le père du tire-bouchon à hélice, mais on ne peut encore exclure formellement que Pierre Carmien - dont les premiers brevets datent de 1858 - ait pu le précéder : il faudrait retrouver et dater l'éventuel brevet pour trancher.


Je sollicite votre aide pour mener à bien cette recherche.



M


mercredi 22 mars 2017

ENIGMA N° 33 : LA SOLUTION... CE SONT DES CLEFS DE TONNEAU !



Amis collectionneurs, bonsoir !


ENIGMA N° 33 ne vous aura pas résisté longtemps !





Je vous l'avais laissé entendre : Alain Grondeau connaissait lui-même la réponse ! Mais il avait envie de mettre un peu d'animation sur le blog...
Et de fait, vous êtes plusieurs à avoir réagi et quelques-uns à avoir trouvé la solution : il s'agissait bien de clefs de caviste ou clefs de tonneau.



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Luc l'avait dit :
"Ce sont des clefs de caviste en fer du XIXe siècle.
On enfonce la clef à l'aide d'un maillet dans le baril. Comme la clef est en deux parties,on la visse ou dévisse afin de récupérer le bas. Seul celui qui a la clef, le caviste donc, peut goûter le vin."

Patrice était d'accord, mais demandait : 
"Si tu récupères la clef filetée, le vin ne va pas couler ?"

Armando, lecteur italien, a précisé : 
"Je possède un outil semblable que je n’avais jamais bien compris ; il ressemble aux trois d'Alain, mais il a un tire-bouchon au-delà de la vis ; je pensais que c'était un outil pour la cave : tire-bouchon mais aussi poinçon pour goûter du tonneau; est-ce possible ? Je me remets à l’expérience d'Alain et des Amis du CFTB."
Armando, il faudrait que tu nous envoies une photo !

De son côté, Hajo nous a écrit : 
"Je connais ce type d'instruments de provenance italienne et je suis heureux d'en avoir un dans ma collection - pas trois comme toi, grand maître Alain !
Ils sont appelés "chiavi da botte" (clefs de fût ou de tonneau). Ils portent toujours une poignée en anneau, similaire à une clef et un fût conique et pointu, qui est vissé à la poignée.
Le fût est martelé dans le trou préalablement fait avec un foret ou pointeau pour le renfermer après la prise d'un peu de vin.
Le maître de chais dévisse la poignée et c'est lui seul qui peut plus tard reprendre un échantillon de vin en retirant le fût avec sa poignée..
On peut dater ces instruments du XIXe siècle."

Mais pour Hajo, une question subsiste : 
"D’où viennent ou à quoi servent les rainures sur le fût?"



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Et voici pour finir la solution que m'avait donnée par avance Alain :
"Ce sont des clefs de tonneau italiennes du XIXème siècle.
Une fois le fausset enfoncé dans le tonneau, seul le détenteur de la poignée peut l'arracher une fois revissée et ainsi faire couler le noble nectar..."

"A votre santé" concluait-il !


Je crains que nous ne sachions jamais à quoi servaient les rainures sur le fût ?


Merci à tous,


Marc






jeudi 16 mars 2017

LE TIRE-BOUCHON ZIG-ZAG : LE LIEN QUI UNIT JULES BART A TREBUTIEN, PECQUET, BARADAT, PERILLE ET BOILEAU



Amis collectionneurs, bonjour !




Le ZIG-ZAG est un tire-bouchon qui me plait et il vaut bien que j'y m'y intéresse à nouveau : c'est à ma connaissance le seul tire-bouchon imaginé et fabriqué en Lorraine... 




L'article que je vous propose est une reprise actualisée d'un article que j'avais consacré au ZIG-ZAG il y a deux ans, un des articles préférés des lecteurs du blog.

La période est propice à cette nouvelle parution : le congrès CFTB de Metz se prépare en effet. Ce sera le deuxième congrès organisé en Lorraine après celui que nous avions organisé à Nancy en 2005 et pour lequel nous avions choisi comme cadeau souvenir le ZIG-ZAG.




Menu souvenir du Congrès de Nancy...


Le ZIG-ZAG étant - avec le DEBOUCHTOUT - le seul tire-bouchon inventé en Lorraine, je le ressors aujourd'hui de sa boîte pour saluer la nouvelle organisation d'un congrès en Lorraine.
Mais ce tire-bouchon là ne sera pas remis aux congressistes en cadeau souvenir : ça a déjà été fait !


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Mon article s'appuie sur les ouvrages de Gérard Bidault, Jacques Lapierre et Hans J. Türler.

J'ai présenté leurs ouvrages références dans deux de mes fiches bibliographiques :




Merci aussi à Loïc Bahuet qui m'avait fourni des renseignements complémentaires sur des brevets déposés par Jules Bart.


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Marie-Jules, dit Jules Bart, est né en 1893 à Saint-Clément, village proche de Lunéville, à une quarantaine de kilomètres au sud-est de Nancy.

Son père y était établi comme ferblantier, sa mère y exerçait la profession de gantière.
Jules Bart fait ses débuts professionnels dans l'atelier de son père, avant d'être mobilisé en 1914.
Fait prisonnier la même année, il passe la guerre dans un camp de prisonniers en Allemagne.
Cette période sombre le marque profondément, on le verra plus loin.
Jules Bart met cependant à profit sa captivité pour concevoir le projet de l'entreprise qu'il entend créer à son retour et pour imaginer notamment des ustensiles de cuisine : tire-bouchons, ouvre-boîtes, presse-purée... qu'il compte y fabriquer.


Rendu à la vie civile et à la liberté, Jules Bart fonde une famille. Il se marie et deux fils naissent de ce mariage, Jean et Roger.
Il crée aussi très vite son entreprise et s'établit comme "constructeur-mécanicien", au 4 rue Molitor à Nancy, avant de déménager au 14 rue du Placieux, toujours à Nancy.
Le déménagement de l'entreprise est attesté par le Bulletin de la Société Industrielle de l'Est n° 167 de 1922 :




Installation de Jules Bart au 14 rue du Placieux à Nancy


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Jules Bart est un industriel ambitieux et inventeur prolifique. Ses brevets en témoignent.

Sa première demande de brevet pour le tire-bouchon ZIG-ZAG suit de peu son retour à la vie civile : elle date en effet du 17 septembre 1919, le brevet lui ayant été accordé le 29 mars 1920 sous la référence n° 503.957.



Source : Les brevets de tire-bouchons français par Gérard Bidault


Un brevet pour un deuxième tire-bouchon suit celui du ZIG-ZAG : il concerne le DEBOUCHTOUT, autre extensible, présenté comme un additif au brevet 503.957 ; demandé le 18 novembre 1927, il est délivré le 19 février 1929,



Deux versions du DEBOUCHTOUT




Un autre encore, demandé peu après, concerne une évolution du ZIG-ZAG qui le dote de "décapsulateurs" ; il s'agit du brevet n° 674.209 demandé le 17 février 1928 et délivré le 27 août 1928.




Le ZIG-ZAG, avec ou sans "décapsulteurs".


Mais l'ingéniosité de Jules Bart ne limite pas aux tire-bouchons :

Il obtient un brevet pour un "ouvre-boîtes de conserves", le TOUTYP, marqué Breveté S.G.D.G., Marque et Modèle déposés, connu en deux tailles :



Grand et petit TOUTYP




Ce brevet du TOUTYP a été demandé le 09 juillet 1929 et accordé le 23 décembre 1929 sous le numéro 678.075 :





Les dessins joints à la demande correspondent au grand TOUTYP.





Loïc Bahuet a retrouvé un autre brevet pour un ouvre-boîte dont la conception est proche de celle des modèles SINGE ou BIZIN, le voici :



Un autre ouvre-boîte breveté par Jules Bart : brevet 760.984,
demandé le 20 septembre 1933 et accordé le 27 décembre 1933



Jules Bart a peut-être breveté aussi le presse-purée MOUSSE qu'on retrouve sur les en-têtes de documents des Ateliers Jules Bart, mais nous n'avons pas trouvé la trace d'un tel brevet.




Presse purée MOUSSE


Loïc Bahuet a retrouvé de son côté un brevet pour un autre moulin à légumes au modèle ressemblant au MOUSSE, mais actionné par une manivelle tournante. En voici les dessins :





Moulin à légumes : brevet 763.192
demandé le 30 octobre 1933 et délivré le  05 février 1934.



Enfin, Jacques Lapierre et Hans J. Türler nous ont appris que Jules Bart fabriquait aussi et vendait des bougies TURBY pour moteurs automobiles.


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Pour en revenir au ZIG-ZAG, son succès est impressionnant au point qu'en France ce nom commercial est passé dans le langage commun pour désigner tous les tire-bouchons extensibles.


Jules Bart s'était probablement inspiré de modèles antérieurs : les extensibles anglais, type Heeley ou Armstrong.
Mais le ressort de rappel qui caractérise son invention le rend à la fois très original, ergonomique et ludique. Et la qualité de la fabrication place le ZIG-ZAG parmi les tire-bouchons haut de gamme.


Avec le temps, les bons résultats obtenus à la vente excitent cependant la concurrence et d'autres tire-bouchons extensibles, moins perfectionnés donc également moins chers, apparaissent sur le marché.

Au point que le succès du PERFECT, copie bon marché du RELIABLE américain  par Martenet, décide Jules Bart à réagir en proposant le DEBOUCHTOUT, finalement peu différent.
Mais cette réaction est tardive, d'autant qu'avec les années 30, d'autres fabricants arrivent à leur tour sur ce marché des extensibles, notamment la M.F.A.P. avec le KIS-PLY, le KISTOP et le POLICHINELLE.




Manifestement inspiré du DEBOUCHTOUT, 
LE PRATIC (fabricant non identifié).


L'entreprise souffre, même si le ZIG-ZAG résiste sur le haut de gamme.


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Les années 30 sont aussi celles de la montée des fascismes en Europe.

Or, on l'a dit, Jules Bart est resté fortement traumatisé par la première guerre.
C'est ce qui explique qu'en 1938, alors que se précise l'imminence d'un nouveau conflit, il décide de quitter la Lorraine pour aller s'installer à l'autre bout de la France : à Mortagne-sur-Sèvre, en Vendée.
Il y achète le moulin du Pont Vieux, moulin attesté depuis le XII° siècle, et y transfère l'ensemble de sa production, laquelle se poursuivra sans discontinuer jusqu'en 1956.




Le moulin du Pont Vieux à Mortagne-sur-Sèvre
(Delcampe)


Avec la seconde guerre mondiale, le destin de Jules Bart se répète à travers celui de Jean, son fils aîné, qui est déporté STO et ne rentre en France qu'à la Libération.
  
Les projets semblent reprendre alors : l'entreprise ouvre un bureau commercial à Paris. Mais Jules Bart décède prématurément à Mortagne-sur-Sèvre en 1946, âgé de seulement 53 ans.



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Jean et sa mère reprennent alors l'activité, l'entreprise devenant la "Société des Ateliers Jules Bart et ses Fils" jusqu'en 1957.

En 1958, Roger, le second fils de Jules Bart, et qui n'apparaissait pas jusque là dans l'organigramme de l'entreprise, prend le relais et fonde la "Société en nom collectif Veuve Jules Bart et son fils successeur".
Cette société perdure et reste spécialisée en quincaillerie. Depuis 2010 elle est codirigée par le fils et la petite-fille de Jules, Roger et Renée.
Mais dès 1958, les droits et la production des tire-bouchons ZIG-ZAG et DEBOUCHTOUT ont été cédés à la société TIMECA de Cahors, laquelle poursuit la production du ZIG-ZAG.



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Les hélixophiles le savent, les lignées entrepreneuriales ne sont jamais simples dans le monde des tire-bouchons.

En voici une nouvelle illustration : avec l'aide et les conseils de Roger Bart, le repreneur TIMECA rachète en 1965 la société Boileau !
Boileau racheté ! Le père des extensibles l' ECLAIR et le RAPID, mais aussi d'un bouchon doseur nommé IDEAL et fabriqué en très grandes séries !
TIMECA prend alors le nom d'établissement BOILEAU ZIG-ZAG ET TIMECA REUNIS et cette société est active jusqu'en 1976.
Deux produits au moins continuent d'être fabriqués : le ZIG-ZAG et le bouchon doseur IDEAL, dont le nom va bientôt servir de raison sociale à l'entreprise.
En 1976 en effet, la société ayant pris le nom de L'IDEAL, succède à BOILEAU ZIG-ZAG et TIMECA, avant de racheter encore le fabricant de doseurs DOSVER en 2002.



Document de présentation de la société L'IDEAL sur le Net


Et la société L'IDEAL, entre ses sites de Cahors et Vienne, continue de produire des tire-bouchons, parmi lesquels : nos ZIG-ZAG !


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Au fil du temps, la qualité de fabrication a beaucoup varié, pas forcément en mieux :
- les "décapsulateurs" - devenus décapsuleurs aujourd'hui - sont apparus en 1928,
- les poignées ont été successivement fabriquées en bronze, en acier massif, en tôle emboutie (seconde guerre mondiale), en zamac (alliage zinc et aluminium),
- le texte du marquage est resté le même :
BTE S.G.D.G.
Fr & Ét
M. & M. DÉP.
mais les deux derniers chiffres de l'année de fabrication sont cependant été rajoutés,
- les mèches, d'abord tranchantes, sont remplacées par des mèches en queue de cochon.


L'IDEAL poursuit aujourd'hui l'aventure commencée il y a un siècle. C'est donc naturellement que nous nous étions adressés à elle en 2005 pour faire fabriquer les ZIG-ZAG souvenirs du congrès de Nancy.



ZIG-ZAG de L'IDEAL et sa boite, 
marquage : 10° CONGRES CFTB  NANCY 2005


L'accueil dans l'entreprise cadurcienne L'IDEAL fut très chaleureux et le directeur, pourtant quasi-dépourvu d'archives, voulut bien me céder quelques extraordinaires catalogues Pecquet !

L'IDEAL, ex-TIMECA, en rachetant Boileau, avait aussi racheté les acquisitions antérieures d'Amédée Boileau, soit Baradat et la marque Pérille en 1938..., mais aussi plus loin dans le temps l'héritage de l'entreprise Pecquet - d'où les catalogues - et, last but not the least, la manufacture Trébutien !

Et c'est ainsi que les ZIG-ZAG de Jules Bart sont finalement tombés dans l’escarcelle des héritiers de Trébutien et de Pecquet !




M



mercredi 15 mars 2017

ENIGMA N° 33 : LES DRÔLES D'OUTILS D'ALAIN GRONDEAU



Amis lecteurs, bonsoir !


Notre ENIGMA N° 33 est une fausse énigme...


C'est Alain Grondeau qui nous la propose, mais je le soupçonne de connaître la réponse !

Et vous, trouverez-vous la solution ?

A quoi pouvaient bien servir ces ustensiles ?




Alain précise qu'ils sont en deux parties vissées l'une dans l'autre comme le montre l'image suivante :




A quoi pouvaient bien servir ces ustensiles ? De quelle époque datent-ils ? Et d'où peuvent-ils bien provenir ?


Nous confronterons vos propositions à la solution détenue par Alain.
Et bien sûr, je publierai vos contributions et vos éventuelles photos.



M


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